SIGMUND FREUD par Ghylaine Manet

SIGMUND FREUD par Ghylaine Manet
FACULTE EUROPEENNE DE SOPHROLOGIE ANALYTIQUE ET COMPORTEMENTALE

Qui n’a pas entendu parler de Sigmund Freud ?
Est-il un découvreur ou un inventeur de l’inconscient ?
Les «  cartésiens » pensent que l’inconscient n’existe pas, qu’il n’est que « ce que l’on ne sait pas »
comme son étymologie l’indique.  Est-il le génial découvreur d’une terre inconnue?
Sa théorie de l’inconscient a été difficilement acceptée et, aujourd’hui encore, elle est rejetée par bon nombre de médecins, psychiatres, psychologues. Notons pourtant que l’étude de la psychanalyse
en France est enseignée dans les programmes des lycées.
L’inconscient avec son cortège de termes psychanalytiques : pulsion, complexe, fantasme,
refoulement, névrose
est souvent à la une des publications de vulgarisation.

La psychanalyse est un terme proposé en 1896 par Freud.

La psychanalyse est le nom du procédé utilisé pour l'investigation des processus mentaux, psychiques ; elle est fondée sur cette investigation ; c'est donc un ensemble de conceptions et de données psychologiques acquises par ce moyen qui constitue un champ disciplinaire.

Après la mort de Freud, les écoles se sont développées grâce aux travaux de ses disciples ; certaines se sont créées au fil des congrès psychanalytiques sur des controverses d’interprétation des concepts - clefs de la théorie freudienne.

On pourrait aujourd’hui assimiler S. Freud à un neuroscientifique par son esprit positiviste qui le poussa
à expliquer le fonctionnement psychique comme un fonctionnement physiologique. Il n’a cessé de faire référence au principe de constance de l’énergie posé par Fechner pour décrire l’énergie sexuelle et ses divers investissements. Sa théorie est mise sous la loupe des ‘ neurosciences » qui tentent aujourd'hui de vérifier le bien-fondé de l’existence de l’inconscient.

Sigmund Freud est né le 6 mai 1856 en Moravie à Freiberg.
Son père, négociant en tissus, à la suite de difficultés financières, emmena sa famille vivre à Vienne.  S. Freud avait alors trois ans.  Il ne quittera cette ville que contraint et forcé par l’antisémitisme de Hitler, en 1938, juste un an avant sa mort.

S. Freud vécut dans une famille que l’on dirait aujourd’hui recomposée. Son père Jakob eut trois femmes : la première décéda, lui laissant deux fils, sa deuxième femme Rebecca, dont on sait très peu de choses, est resté "un secret de famille"; il épousa ensuite Amalia qui avait 20 ans de moins que lui.
Ainsi la mère de Freud était presque du même âge que ses deux demi-frères aînés.

Freud fit de brillantes études de médecine, devint chercheur biologiste à l’Institut de physiologie de Vienne où il étudia la sexualité des anguilles mâles de rivière, (hypothèse : la différenciation sexuelle n'est pas prédéterminée) et obtint son titre de docteur en médecine en 1881.
En 1884 il travailla sur les propriétés de la cocaïne dont il mit en valeur les propriétés analgésiques (qu’il utilisa pour lui-même plus tard pour soulager la douleur de son cancer à la mâchoire)

En 1880, sa rencontre avec le Dr Josef Breuer qui traitait une jeune patiente hystérique Anna O. lui ouvrit
le champ de l’hystérie et de l’inconscient et l'étude des névroses.  L’observation de ce cas donna naissance à la psychanalyse.

Freud vécut assez pauvrement à cette période. Il se sentait incapable d’assumer matériellement un foyer.  Il resta fiancés avec Martha, de 1882 à 1886 et se maria enfin. 

En 1886, il ouvrit un cabinet de médecine, en ville, pour gagner sa vie alors qu’il se passionnait pour la recherche et aurait préféré continuer dans cette voie..
Il obtint une bourse d’études qui lui permit de venir pendant 6 mois à Paris à l’hôpital de la Salpêtrière
où il travailla avec le
Dr Jean - Martin Charcot. Les séances avec les malades hystériques que Charcot traitait sous hypnose étaient très spectaculaires mais ne réussirent pas à convaincre Freud du bien-fondé de l’hypnose comme technique thérapeutique.
Il se rendit ensuite à Nancy en 1889 voir le
Dr Hippolyte Bernheim qui considérait l’hypnose comme un phénomène naturel sans rapport avec l’hystérie. Le combat entre les théories de Charcot et de Bernheim discrédita l’hypnose en France.  La conception de Bernheim prévaut aujourd’hui.

En 1896, à l'âge de quarante ans, Sigmund Freud eut un grand choc : son père mourut le 23 octobre.
Il ressentit alors de profondes angoisses et ses rêves accompagnèrent le travail de son deuil.
C’est à ce moment-là-là qu’il élabore le complexe d’Oedipe dès 1897.

De 1896 à 1902 il entreprit son "auto-analyse" (à ne pas confondre avec la cure analytique)
à travers des lettres adressées à son ami Wilhelm Fliess, oto-rhino-laryngologiste.

Cette correspondance forme l'ouvrage :
"La naissance de la psychanalyse parue en  français en 1956"

De  1887 à 1902, nous trouvons les premières intuitions et ébauches de la théorie freudienne qui prendra forme dans le livre – phare: L’interprétation des rêves.

L’interprétation des rêves est publié en 1899-1900, cette date mythique marque l’avènement d’une nouvelle pensée. Il y développe son point de vue sur la production du rêve : « l’interprétation des rêves est la voie royale qui mène à la connaissance de l’inconscient de la vie psychique»

Freud expose également au chapitre VII « la première topique », première représentation de l’appareil psychique (de topos : lieu). Il distingue la conscience, l’inconscient, le préconscient… Il développe sa théorie sur la pulsion sexuelle qu’il nomme libido, les notions de sublimation, de refoulement, les productions des rêves, des symptômes, les lapsus, et le rôle de l’analyse …Voilà tout un chantier de recherches qui s’ouvre et va nourrir toute l'oeuvre et l’étude psychanalytique future jusqu'à aujourd'hui.

En 1902, Freud fonde la société du mercredi, berceau de la psychanalyse où se réunissent les plus grands noms de la psychanalyse.
Ces réunions prennent le nom de Société psychologique de Vienne puis en 1909 le nom de Société psychanalytique de Vienne. On peut citer quelques participants comme Otto Rank, Alfred Adler,
et plus tard, Hermann Nunberg qui fut l'éditeur des Minutes, compte-rendu de ces réunions,
Lou Andréas Salomé, l'amie célèbre de Rilke et de Nietzsche, Theodor Reik.

En 1901, Freud publie : La psychologie de la vie quotidienne

De 1907 à 1913, il vivra une amitié profonde et une collaboration étroite avec Carl Gustav. Jung
dont il se séparera brutalement. Carl Jung était une personnalité remarquable aux yeux de Freud non seulement pour son esprit éclectique, ouvert et passionné, mais particulièrement pour son appartenance
à la religion protestante qui contrastait avec le judaïsme de la plupart des psychanalystes qui entouraient.

En 1909 Freud, Jung et Ferenczi voyagent aux USA. Freud aurait dit à Jung devant la stature de la liberté
à l’entrée du port de New York : « Ils ne savent pas que nous leur apportons la peste »

En 1910, fondation à Nuremberg de l'Association internationale psycho analytique (IPA), présidée
par C. Jung. En 1913, Freud et Jung se séparent, après sept ans d'une amitié passionnelle,suite à une divergence de conception de la libido et de la névrose.

En 1914 : Freud écrit l’article célèbre Pour introduire le narcissisme , pour asseoir la théorie sur le narcissisme , élaborée dès 1911.

En 1912 : Publication de "Totem et Tabou"

En 1915 : Publication de "La métapsychologie" ( méta : au-dessus de), c’est une mise au point des topiques, par réunion de textes précédents. En 1917, publication de  

1920 : Publication d’un article important : Au-delà du principe du plaisir, centré sur la pulsion de mort.
Cette année-là-là, il eut la douleur de perdre  sa fille Sophie.

En 1923, diagnostic du cancer à la mâchoire de Freud. Il publie cette année-là-là le Moi et le ça qui synthétise sa nouvelle théorie de l’appareil psychique : connue sous l’appellation «deuxième topique»,
c’est la deuxième représentation améliorée , complétée et c’est le schéma le plus utile à la compréhension du psychisme et du développement des troubles mentaux.

En 1925 meurent deux hommes importants dans la vie de Freud : Josef Breuer avec lequel il avait écrit
en 1895 :
"Etudes sur l'hystérie" et Karl Abraham (« un des plus solides espoirs de la psychanalyse » disait Freud).

1926 marque une date importante : Sigmund Freud a 70 ans : il connaissait alors une consécration du monde entier. Publication de : Inhibition, symptôme et angoisse

1929 publication de "Malaise dans la civilisation"

1930 : La mère de Freud décède à l'âge de 93 ans ; cette année-là-là Freud reçut le prix Goethe .

Derniers livres : 1938 : "Abrégé de psychanalyse" et 1939 : "Moïse et le monothéisme"

Marie Bonaparte, Princesse de Grèce et de Danemark, amie et analysante de Freud sauve la correspondance du Maître et grâce à ses relations, réussit à lui faire quitter Vienne en compagnie de sa femme et de sa fille Anna (qui deviendra psychanalyste pour enfants). Ils gagnèrent Londres via Paris en 1938. Sigmund Freud décède l’année suivante, le 23 septembre 1939, du cancer de la mâchoire.
Il avait 83 ans. Marcha, sa femme décèdera, en 1951.

>>  La deuxième topique : (1923) Le Moi et le ça

Freud y développe la suprématie de l’inconscient dans lequel baigne notre appareil psychique. L’inconscient qu’il nomme le çà est  la source de toutes nos pulsions.

Le moi qui est avant tout un moi-corps a du mal à être le maître dans sa maison.  Il est assailli par des instances puissantes, en grande partie inconscientes comme le sur-moi, siège de tous les interdits moraux et parentaux et sociaux, et par les pulsions de l’inconscient, toutes aussi puissantes qui ne visent que la satisfaction.

Comment se caractérise le plaisir de l’inconscient ? Il recherche la satisfaction immédiate et complète : tout et tout de suite. Et Freud découvre que ce plaisir est nourri de pulsions auto conservatrices du Moi et des pulsions destructrices. Ainsi, sont entremêlés Eros et Thanatos : le désir de vivre et le plaisir de se détruire ! Combien le moi doit être fort pour se défendre contre tous ces pouvoirs !

La conscience a bien du mal à émerger. C’est une conscience–perception et le moi de plus en plus conscient se différencie peu à peu du çà, c’est-à-dire de l’inconscient et de ses pulsions ; le moi est régi
par le principe de la réalité, il devient plus autonome grâce à sa confrontation avec la réalité extérieure.
Il entre en conflit avec le sur-moi des interdits parentaux et ainsi, il se fraye peu à peu une voie et une voix et il parle de plus en plus en son nom. Il affirme de plus en plus son identité. Il émerge de plus en plus de l’inconscient. S. Freud nous prévient : « le moi n’est pas maître dans sa propre maison. » (1917)

C’est tout un cheminement et un combat, un dynamisme incessant pour la quête de l’individu.
Les interdits ne sont pas à rejeter totalement : le manque de règles, de lois désorganise le psychisme de l’enfant. Celui-ci a besoin du père, le père symbolique, celui du langage, celui qui dit non à la transgression de l’inceste (réel ou fantasmé). Le père, détenteur du pouvoir, du phallus, de la loi, est le pilier de la construction de la personnalité. Si le petit d’homme a une chance de prendre sa place dans la lignée du père, il doit accepter le non du père, c’est le prix à payer : renoncer au retour à la mère.

L'inconscient est dynamique, il exerce une action permanente, exigeant une force contraire pour lui interdire l'accès à la conscience. L'inconscient contient une énergie mobile, appelée la charge d’investissement.
Il est soumis au principe plaisir-- déplaisir, ne connaît pas la notion du temps, ni la négation.

Voilà rapidement esquissée la deuxième topique, qui sera enrichie de ses apports ultérieurs;

>>
Sigmund Freud pose un regard nouveau sur la psychopathologie : l’étude de la névrose fut le centre de ses préoccupations.

Il étudie les sources de la névrose, nom donné pour la première fois à un trouble nerveux décrit par William Cullen en 1777, qu’il situe tout au long du développement psychique de l’enfant jusqu’à la puberté : la libido est un de ses concepts fondamentaux. C’est une énergie pulsionnelle à l’oeuvre dès la naissance ; son but est la satisfaction.  La pulsion est un trait d’union entre le corps et le processus psychique. Elle vient investir les zones érogènes partielles du corps.

Elle s’élabore graduellement en passant par plusieurs stades :

Le stades oral et investit la bouche jusqu’à 1 ans, puis l’anus au stade sadique-anal entre 2-3 ans et les parties génitales au stade phallique entre 3 et 6 ans, pour aborder la phase de latence prégénitale où le calme s’installe.  La libido, à la puberté, retrouvera un regain d’intérêt pour l’adolescent, des conflits surgiront, ravivant les stades précédents.

Freud complétera ces études par la découverte du narcissisme primaire (Pour introduire le narcissisme en 1914 ) nécessaire au développement du petit d’homme qu’il situe dès les premiers mois du nourrisson.  La mère par ses soins attentifs crée un bain d’amour et de sécurité pour l’enfant, elle projette en même temps un désir narcissique de voir ses rêves se réaliser à travers lui. 

Dans le texte : Au-delà du principe du plaisir  de 1920 Freud postule que l’inconscient, ce grand réservoir de nos pulsions, recèle non seulement un instinct de vie, Eros, pulsion d’amour et expansion et plaisir,
mais un instinct de mort traduisant un masochisme qui est une autodestruction toujours à l’oeuvre dans le psychisme. Cet instinct de mort n’est pas de la haine ni de l’agressivité gratuite, c’est une propension à retourner à l’inanimé, au retour à un stade d’avant la vie.Ces deux instincts pulsionnels de vie et de mort, contradictoires et indissociables donnent une résonance particulière à la compulsion de répétition que l’on trouve dans la maladie mentale appelée névrose.

Si la libido, l’énergie sexuelle, ne peut se satisfaire normalement, la pulsion se retourne, elle est alors refoulée : le manque d'activité sexuelle est dommageable au psychisme.
Le refoulement devient pathologique.  La censure des parents, de la société, de la morale, est douloureuse. La pulsion resurgit, sous forme de lapsus, d’actes manqués, sous forme de rêve, ou dans le symptôme.

Le rêve a une signification et le symptôme est un langage ; l'analyse peut aider le Moi à se mettre au clair avec ses conflits psychiques grâce au dire du sujet dans un transfert analytique géré, analysé et enfin résolu à la fin de l’analyse

Le sujet peut détourner ses pulsions vers un but idéal qui n’est plus la satisfaction de l’instinct animal de procréation mais la recherche d’un accomplissement pour la civilisation dans des domaines comme l'art, l'enseignement, la recherche. L'énergie sexuelle est alors transmutée :
c’est la sublimation.

Le concept de la sexualité infantile a été une révolution très mal acceptée par le milieu viennois ; ce fut la pierre d’achoppement de sa théorie dès les premières publications.  Ce fut aussi une raison de démarcation entre sa théorie et celle de Carl Jung, son proche disciple.

Le complexe d’Oedipe au stade phallique, avec l’étude de la relation triangulaire oedipienne : “ père, mère, enfant ” est l’apogée de la sexualité enfantine et des sources de dysfonctionnement dans le psychisme. Le garçon désire inconsciemment sa mère et se heurte à la menace de castration du père qui lui interdit cet attachement incestueux. Le garçon connaît alors le complexe de castration liée à l’angoisse fantasmatique de perdre son pénis, et le sentiment de culpabilité.
La résolution du complexe d’Œdipe, si elle ne se fait pas naturellement à l’âge adulte, sera le pivot du travail analytique.  L’amour adulte passe par cette résolution oedipienne.

>> L’analyse freudienne : cure analytique de la névrose

L’analyse révèlera les points de fixation aux divers stades du développement. de la sexualité chez l’enfant qui est source des névroses. L’analyse va permettre la résolution de l’oedipe.
Le sujet deviendra enfin le véritable acteur de sa vie et il pourra développer un amour adulte, et pour reprendre les termes freudiens « génital »

L’analyse ne peut se passer d’une relation entre analysant et analyste que Freud appelle le transfert. Sans transfert, il n'y a pas d'analyse, pas de cure.

Anna 0, patiente hystérique de Bleuler inaugure en 1895 la méthode cathartique comme traitement de la névrose hystérique.

Qu’est-ce que la catharsis ? En Grèce, au Vème siècle après J-C, le théâtre de Sophocle présentait des tragédies de la jalousie de la haine, de l’amour, du pouvoir, de la passion meurtrière. À la vue de ces spectacles tragiques, les spectateurs bouleversés étaient purgés de leur propre violence intérieure. La catharsis est une purgation des passions. Les symptômes d’Anna O. (troubles de la vision, paralysie du côté droit, hallucinations) disparaissaient quand elle revivait ses souvenirs avec beaucoup d’émotion, sous hypnose.  Il y avait une catharsis : une purification.
Les cas de catharsis sont consignés par Freud dans
"Etudes sur l’hystérie" (en collaboration avec Josef Breuer en 1893). 
Freud abandonne ensuite l'idée de la catharsis pour l'utilisation de la méthode des associations libres
qu’il inaugure avec sa malade Emmy von N, qui souffrait de phobies des animaux.
Il constata qu’il pouvait se passer de l’hypnose. La malade disait « tout ce qui lui passait par la tête », tout à fait librement.

Au cours de sa pratique, Freud soulignera l’importance et la nécessité du transfert basé sur une 
« adhésion totale » de l’analysant et la personnalité de l’analyste.  Le
cas de Dora lui offrira l’occasion de comprendre le transfert.

Il nous faut rappeler les règles de la cure analytique :

1e règle des associations libres : dire tout ce qui passe par la tête sans se soucier de la morale, sans faire son autocritique, accepter de s’abandonner au flux des images, des idées.

2 ème règle de l’abstinence :  ne jamais passer à l’acte ni de violence ni d’amour. Si possible ne pas entreprendre de grands changements dans sa vie pendant la cure.

>>
Comment devient-on névrosé ? Quelle est l'importance des facteurs sexuels?

Le mot névrose est remplacé actuellement par " troubles du comportement " dans le DMS IV- qui est le manuel américain des troubles mentaux, une référence pour tous les praticiens.

Dans la névrose, tout est centré sur le noyau pathogène, (qui génère de la souffrance), constitué dans l'enfance par un traumatisme sexuel réel (ou fantasmé) “ on peut souffrir d'attouchement sexuel qui n'est pas réel mais qui est fantasmé, la réalité et le fantasme c'est la même chose, seule la souffrance est réelle ”. Le traumatisme résulte de la séduction (réelle ou fantasmée) d’un adulte. Le symptôme est la conséquence du refoulement inconscient des représentations insupportables qui constituent ce noyau.

La névrose est une souffrance qui est ressentie par le sujet, qui l’exprime ; cette souffrance est
sans base anatomique connue. Le patient est conscient de ses symptômes répétitifs et veut s'en débarrasser. Il sent confusément que ces symptômes sont des signes dont le déchiffrement pourra
lui être salutaire.

Le symptôme névrotique est le résultat d'un conflit intérieur psychique inconscient : l'impossibilité de réaliser consciemment un désir inconscient.

Entre la personne névrosée et la personne normale, la différence se porte sur la quantité de charge d'angoisse, devenue ingérable pour le névrosé, qui se comporte comme si le passé était encore le présent et ne peut concevoir un avenir où les angoisses infantiles seront atténuées et supportables.

Contrairement à la psychose, il n'y a pas d'altération profonde de la personnalité dans la névrose.
C’est un conflit entre le moi et le ça, réservoir des pulsions de l’inconscient.

Quels sont les facteurs de la névrose retenus par Freud ?

 Il retient en premier lieu des facteurs biologiques, à l'origine du besoin d'amour, qui continue de persister et nous relie à la petite enfance nécessairement dépendante de la mère protectrice.

Le deuxième facteur est phylogénétique, il est dû au développement de l'être humain qui comporterait un hiatus entre l'enfance et la puberté

Le troisième facteur serait d'ordre psychologique et individuel, il tiendrait à l'imperfection de notre appareil psychique (voir inhibition, symptôme, angoisse, 1926)

Dès 1915 Freud fait la distinction entre les névroses actuelles et les psychonévroses, notion abandonnée ensuite puisque la clinique nous offre des symptômes qui se rattachent toujours à des conflits anciens,
quel que soit le type de névrose.

Il est toutefois important de garder la distinction entre les conflits actuels et ceux qui remontent à des conflits de l'enfance qui se trouvent réactualisés par une situation présente. D'autre part, les symptômes, quel que soit le type de névrose qui se présente, se retrouvent toujours : ce sont des douleurs, des souffrances, une angoisse, un mal-être, une fatigue incompréhensible, dont on ne connait pas la cause réelle. On serait tenté de ranger ce type de névroses dans les maladies psychosomatiques.

Notons, sans pouvoir le développer ici, les névroses d'angoisse (l'hystérie de conversion avec ses somatisations) que l'on distingue de la névrose phobique fixée sur des objets, et la névrose obsessionnelle (compulsions, idées obsédantes). Ces trois névroses constituent le groupe des névroses de transfert.  Les névroses traumatiques , dues à un choc, ont une place à part.

 
La psychose est une maladie mentale, affectant gravement la personnalité, qui détériore radicalement la relation du sujet au monde extérieur ; c'est un conflit entre le moi et le monde extérieur : schizophrénie, paranoïa, psychose maniaco-dépressive sont les trois grandes formes de psychose. À la différence de la névrose, le sujet ignore ou n'admet pas qu'il est malade : “ je suis bien, ce que vous me dites ne me touche pas ; ce sont les autres qui ne vont pas bien, moi je vais bien ”.

Selon Freud, il y a deux grandes structures psychiques : la structure névrotique et la structure psychotique. Ce n’est que lorsque le cristal se brise que l'on découvre sa structure, il en est ainsi de la structure du psychisme.

Structure psychotique ou névrotique ? On le découvre en cas de traumatisme.
La décompensation se fait selon le versant psychotique ou névrotique

Il existe tout un pan de la psychopathologie qui recouvre les personnalités difficiles, les "borderline" dont on peut dire qu'elles ont un pied dans  la névrose et un pied dans la psychose.

La pensée de Freud a toujours évolué et c’est ce qui fait la richesse de cette pensée. Freud nous fait part de ses tentatives de résolution des notions psychanalytiques, de ses échecs thérapeutiques qu’il analyse avec beaucoup de modestie.

Sa pensée laisse la voie ouverte aux recherches. Les post-Freudiens dont un des plus éminents, Jacques Lacan, ont poursuivi son oeuvre.

Que ces quelques lignes non exhaustives vous donnent envie de découvrir les écrits de Freud et suscitent un désir de les approfondir.

 




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